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La belle histoire de Marion

Marion, Normande de 32 ans, nous partage sa relation avec les objets anciens qu’elle affectionne particulièrement.

La belle histoire de Marion

Marion, Normande de 32 ans, nous partage sa relation avec les objets anciens qu’elle affectionne particulièrement.

C'est mon mari qui va être content ! Comme je suis avec vous, c'est lui qui va décaper les volets ! On était en pleine négociation, parce que c'est une étape qu'on adore tous les deux !

C’est avec ces mots que la voix fraîche et rieuse de Marion débute notre interview. Créatrice de bijoux, instagrameuse sous le pseudonyme @m.art.ion, et professeure d’arts plastiques, Marion est tombée dans la marmite de l’upcycling quand elle était petite. Aujourd’hui suivie par plus de 40 000 personnes, elle nous parle du lien intime qu’elle entretient avec les meubles et les objets.

Quand j’étais enfant, à chaque fois que mes parents partaient en vacances, ils s’arrêtaient en chemin dans des brocantes. Moi ça m’ennuyait beaucoup ; je ne voyais pas l’intérêt de s’intéresser à toutes ces vieilleries. Par contre, ce que j’aimais bien, c’est aller dans les salles des ventes avec mon père. On y allait après son travail ; il s’intéressait aux tapis, aux vieux tableaux.

La petite fille que j’étais avait toujours envie qu’il lève la main ! Je trouvais que tout était beau (rires). Ce que je faisais aussi, c’est que je bricolais beaucoup avec mon père. C’est avec lui que je me suis découverte très manuelle. A l’adolescence, j’ai eu la chance que mes parents me laissent choisir mes études. Après avoir hésité entre la littérature et l’art, j’ai choisi l’enseignement artistique. À ce moment-là, j’ai redécouvert la récup’, parce que les étudiants en art la pratiquent en général pas mal. Et donc moi qui était plutôt peinture, photo et dessin, j’ai renoué avec les vieux meubles et des objets anciens.

Je me souviens de chaque meuble, où je l’ai acheté et pourquoi !

Quand je suis arrivée en Normandie, j’ai commencé à aller dans des vides-maisons ou des ventes aux enchères. J’adore la prise de risque de ce type de vente ! Parce qu’il faut aller vite, enchérir sur d’autres acheteurs, ce qui réveille l’instinct de compétition ! Parce qu’on achète parfois aussi des meubles « mystérieux ».

Un jour, j’ai acheté une enfilade scandinave entièrement démontée, et j’avais un peu peur quand même. Une fois revenue chez moi, je l’ai montée, et j’ai eu le coup de foudre. Une autre fois, je suis repartie la voiture pleine à craquer d’une vente aux enchères dédiée aux souvenirs d’un médecin qui avait été grand collectionneur. J’avais en particulier acheté des vieux verres en cristal… alors que j’en ai déjà beaucoup ! C’est aussi en brocante que j’ai trouvé l’énorme meuble d’imprimerie, qui prend une place énorme dans mon bureau. C’est un meuble de métier magnifique, rare, et je me souviens en particulier de son transport, qui n’a pas été simple ! J’adore les brocantes, mais il ne faut pas que j’y aille trop souvent ! (Rires)

Mon souvenir particulier ? Lorsque j’ai transformé l’établi familial en desserte pour mon entrée, sans faire disparaître le souvenir visible - les tâches ! - de tout ce que ce meuble avait vécu.

Les vieilles valises, les vieilles caisses en bois, les vieux vélos ou les vieilles étagères… Ces objets ont une histoire, mais on peut en refaire autre chose. Quand on a rénové la maison, j’ai voulu garder au maximum ce qu’elle contenait. Pour moi, tout ce qui était sur place appartenait à la maison. En leur redonnant vie, on leur redonne une fonction, une nouvelle utilité. C’est économique et écologique à la fois.

J’ai transformé par exemple de vieilles poutres en banc pour plantes. En ce moment, nous décapons avec mon mari les fenêtres d’origine pour qu’elles deviennent des étagères murales. Dans cette vieille maison achetée il y a un an et demi, l’aventure de la rénovation n’a pas été simple. Entre les mauvaises surprises, les galères des travaux et l’effort financier, il a fallu tenir bon. Mais aujourd’hui, notre maison a vraiment une âme. Et elle est unique.

Si je devais partir sur une île déserte, j’emmènerais le fauteuil de ma grand-mère ! C’est le meuble auquel je suis le plus attaché sans doute, même si j’aime tous mes meubles pour des raisons à chaque fois différentes. C’est un fauteuil en rotin que j’ai déniché un jour dans la cave de ma grand-mère, par hasard.

Elle l’avait descendu parce que pour elle, il n’était plus à la mode. Elle l’avait acheté dans les années cinquante je crois. Elle a été très étonnée qu’il m’intéresse ! En fait, je l’avais complètement oublié. Mais à la seconde où je l’ai retrouvé, plein de souvenirs d’enfance, heureux, me sont revenus. Je me suis souvenue qu’il était dans la chambre dans laquelle je dormais quand j’étais petite lorsque j’allais chez elle. Que c’était la première chose que je voyais en ouvrant mes yeux de petite fille.

À partir de ce moment-là, il n’a plus été possible pour moi de le voir disparaître. J’adore sa forme, sa patine. J’hésite à y toucher en rénovation, de peur qu’il perde un peu de cette histoire. En plus, il y a quelqu’un d’autre qui adore ce fauteuil comme il est : c’est mon chat ! Il me le pique très souvent !

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